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Adaptation de la riziculture dans le golfe du Mekong

Se positionnant en dixième plus grand fleuve du monde, le Mékong est un acteur essentiel de l’agriculture en Asie du Sud Est. Face au changement climatique qui menace ses productions agricoles, Biotec, un centre de recherche dépendant du Ministère des sciences et de l’éducation thaïlandais, a mis en place le projet « Strenghtening rice breeding programs ». Ce projet a pour vocation de développer de nouvelles variétés de riz, en s’appuyant sur 250 variétés initiales, qui présenteraient des caractéristiques permettant une plus forte résistance au changement climatique (stress hydrique, chaleur,…) dans la région du Mékong.

Figure 1 : Carte de la région du Mékong [1]


Long de 4800km couvrant une région de 809 000 km² répartie sur 6 pays, le Mékong est le fleuve le plus important d’Asie du Sud Est et permet la subsistance de plus de 60 millions de personnes qui dépendent tant de son approvisionnement en eau que de l’agriculture qu’il permet de développer. La région du Mékong est la principale zone rizicole du monde et une zone importante de pèche où plus de 2 millions de tonnes de poissons sont péchés chaque année.


Cependant, ces dernières années, la sécurité alimentaire de la région se voit véritablement menacée par le changement climatique dont on peut voir tout l’éventail d’impact agir ici : température en hausse, saisons des pluies irrégulières, montée du niveau des mers, sécheresse accentuée, inondations et manque d’eau sont le quotidien des habitant de la région. En effet, les prédictions [2] annoncent une augmentation d’environ 0,8°C à l’horizon 2030 dans le bassin couplé à une augmentation de 200mm de précipitations annuelles. Ces changements couplés à des évènements climatiques extrêmes plus fréquents accentuent la vulnérabilité aux inondations et aux sécheresses qui affectent la vie des habitants et réduisent la productivité agricole. Ces impacts sont d’autant plus importants qu’ils sont amplifiés par l’action humaine notamment à cause d’infrastructures planifiées de manière non durables mais également à cause du déboisement qui accentue l’érosion côtière. [3]

Figure 2 : Photo de l’impact du changement climatique dans la région du Mékong [4]

Création de nouvelles variétés de riz par le centre de recherche Biotec.


Pour faire face à ces changements impactant de plus en plus l’agriculture de la région, l’institut de recherche BIOTEC (National Center for Genetic Engineering and Biotechnology) dépendant du National Science and Technology Development Agency (NSTDA) a mis en place un programme d’adaptation de la culture du riz dans la région du Mékong afin de combattre les aléas pouvant perturber sa production. Ce projet est centré sur la région du Mekong de la Thailande, du Cambodge, du Laos et du Vietnam.


Lorsque le projet a débuté en 2002, ils se sont initialement concentrés sur la tolérance du riz aux inondations dites « Flush » (durant environ deux semaines) en limitant son stress hydrique. Pour ce faire, ils se sont basés sur 250 variétés de riz initiales et ont utilisés des marqueurs moléculaires recherchant les promoteurs spécifiques des différents caractères de résistances afin de cibler les gênes d’intérêts répondant à leurs attentes. Ils ont donc par la suite développé des variétés de riz résistantes aux ravageurs, aux zones inondables, à la salinisation du sol et à la sécheresse. Bien que ces résistances puissent être interprétées comme adaptation au changement climatique, ils n’étaient pas sensibilisés à ce dernier à l’époque. En effet, ce n’est qu’en Avril 2010, à la suite d’une très forte vague de chaleur qui a empêchée tout rendement du riz malgré l’irrigation (température atteignant jusqu’à 42°C) que l’institut à commencé à s’intéresser à la résistance à la chaleur en prenant en compte le changement climatique s’intensifiant et en s’associant alors avec le CIRAD.

Figure 3 : Photo de la rencontre avec Jona Liza au centre de recherche Biotec


Ces nouvelles variétés sont contrôlées par le département du riz du gouvernement qui les inscrit dans leur registre qui ressemble in fine à un brevet. Les fermiers testant ces nouvelles variétés sont bénévoles et sélectionnés au sein de communautés proposées par le gouvernement. Quelques conflits ont pu être observés au début de la mise en place du projet car les fermiers ne désiraient initialement pas changer leurs pratiques et leurs variétés d’antan. En revanche, lorsqu’ils ont pu se rendre compte des bénéfices de ces variétés qui leurs permettaient un meilleur rendement dans les situations extrêmes, ils ont été bien plus proactifs concernant l’utilisation de ces variétés tout en insistant tout de même sur la nécessité de conservation du goût, de la forme et de la texture du riz.

La chronologie du projet s’est divisée en 5 phases :

  1. Une phase de développement du matériel c’est-à-dire de multiplication du matériel génétique des 250 variétés initiales.

  2. Une phase de Screening : cartographie génétique à travers un séquençage partiel des variétés.

  3. Etude du phénotype et développement des résistances aux ravageurs, aux zones inondables, à la salinisation du sol et à la sécheresse. Début des essais sur le terrain.

  4. Vérification de la survie des plans dans des conditions naturelles.

  5. Travail avec le CIRAD pour ajouter la tolérance à la chaleur.

Comme vu précédemment, la phase 5 est la première qui est vraiment inscrite dans une volonté d’adaptation au changement climatique (les autres le permettent aussi mais n’étaient pas faite dans cette volonté). Cette phase est également caractérisée par le début de la coopération avec le CIRAD de Montpellier qui apporte un soutien technique et non financier à travers l’apport des marqueurs de tolérance. L’équipe est donc composée de 2 personnes de Biotec (contrairement à 3 sur les phases 1 à 4), d’une personne du Cirad et d’un chercheur basé au Laos.


Les financements viennent majoritairement du NSTDA mais également de fondations telles que la fondation Rockefeller et le Global Carbon Project (GCP) hébergé par le Consultative Group for International Agricultural Research (CGIAR) pour les phases 1 à 4. L’absence de soutien des fondations pour la phase 5 se ressent au niveau du budget qui passe de 6,5 millions de baht (192 650 euros) pour la phase 3 à 5 millions de baht (148 200 euros) pour la phase 5.


En observant les données concernant l’évolution du changement climatique, le centre de recherche Biotec a émis l’hypothèse d’une phase 6 qui s’intéresserait plutôt à l’intensification des sécheresses dans la région.


Conclusion


Ce projet se place dans une volonté globale d’amélioration de la qualité de vie des habitants de la région du Mékong. En effet, le développement de nouvelles variétés présentant des résistances aux aléas climatique de la région à partir de 250 variétés initiales permet d’assurer un rendement pour les agriculteurs qui accueillent ces technologies moyennant une conservation du gout, de la texture et de la forme du riz. Si ce projet ne concernait initialement que l’amélioration de la production de riz, il s’est par la suite intéressé à l’adaptation au changement climatique lors de son association avec le CIRAD de Montpellier qui lui apporte des données techniques.


Avis

Cette technique pour assurer les rendements semble être une bonne alternative face au changement climatique qui augmente l’impact des aléas climatiques.


[1](https://reseauinternational.net/guerres-hybrides-6-comment-contenir-la-chine-iv/carte-du-mekong/)

[2]http://www.mrcmekong.org/mekong-basin/climate/

[3]https://www.wwf.ch/fr/ou-travaillons-nous/le-mekong-artere-vitale-de-lasie-du-sud-est

[4]https://asialyst.com/fr/2016/05/02/vietnam-le-delta-du-mekong-face-au-changement-climatique/

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